À l’heure où l’Île-de-France traverse une crise sans précédent concernant l’offre médicale, la Ville, qui a fait de la santé l’une de ses priorités depuis 2014, se donne les moyens d’attirer de nouveaux praticiens. Pour être au plus près des Blanc-Mesnilois, elle s’appuie sur le concept « Une seule santé » selon lequel le bien-être de l’homme est interdépendant de celui de l’environnement et de l’animal.
Partout en France, le constat est le même ! L’offre de médecins se tasse alors que la population vieillit et que se développent les affections de longue durée : diabète, maladies chroniques du foie… Afin d’améliorer l’accès aux soins des Blanc‑Mesnilois et de lutter contre la pénurie de praticiens, plusieurs actions – dont certaines uniques en France – ont été menées par la municipalité. Le 26 juin dernier, le conseil municipal a décidé d’attribuer une bourse mensuelle à certains internes en médecine en formation dans ses deux centres municipaux de santé (CMS). En contrepartie, ces derniers s’engagent à exercer dans la commune, dès l’obtention de leur diplôme. La Ville a aussi revalorisé, en 2023, la rémunération de ses médecins salariés. « Nous mettons, de plus, tout en œuvre pour aider les praticiens libéraux à s’implanter en ville ou à s’y maintenir », précise Thierry Meignen, sénateur de la Seine-Saint-Denis et président de la majorité municipale. Dans le quartier sud, la pharmacie du centre commercial Casanova – qui sera réhabilité en 2026 – a pu doubler sa surface et rouvrir à deux pas, au 1, avenue Louise-Michel, en juillet dernier, dans un immeuble flambant neuf. Le 15 septembre, une autre officine a été inaugurée en plein centre-ville, au 16, avenue Henri-Barbusse. Sans oublier l’implantation prochaine d’un cabinet de médecins généralistes au 71, avenue de Suffren, dans le quartier sud. « J’écris régulièrement aux ministres de la Santé successifs afin d’obtenir le classement du Blanc-Mesnil en zone franche urbaine, à la fiscalité plus attrayante pour les entreprises », poursuit Thierry Meignen.
Deux nouveaux centres municipaux de santé
Le rayonnement du Blanc-Mesnil passe de même par des équipements modernes, à l’image du centre municipal de santé Docteur-Kaplan, ouvert à l’été 2024, dans le quartier sud (plus de 3,5 millions d’euros d’investissement). Ses matériaux naturels – bois, verre – offrent un cadre réconfortant aux patients. Les soignants, eux, y pratiquent des examens de pointe comme l’électromyographie (enregistrement de l’activité électrique des muscles et des nerfs) – rare en Seine-Saint-Denis – grâce à du matériel dernier cri. Prochaine étape ? L’ouverture du CMS Pierre-Rouquès (coût estimé des travaux : 7 millions d’euros) dans la nouvelle halle du centre-ville. Les premiers coups de pioche sont prévus l’année prochaine. La Ville s’appuie aussi sur son centre communal d’action sociale, voué à la santé et au bien-être de nos aînés : soins à domicile, portage de repas, Semaine Bleue (voir le programme en page 13)… Elle a par ailleurs entrepris de rénover la résidence autonomie Maria-Valtat, dont les seniors sont hébergés, au même loyer, depuis le début de l’été, dans de coquets appartements au 102, avenue Aristide-Briand.
Des projets pionniers
Le rayonnement de la ville repose également sur son engagement dans la recherche médicale, porté par des projets pionniers. Son programme d’éducation thérapeutique du patient, unique en France, assure un accompagnement gratuit aux Blanc-Mesnilois atteints de diabète de type 2, d’hypertension artérielle et/ou d’obésité. Il a même fait l’objet d’une publication dans la revue Santé publique, en 2023, puis d’une présentation en congrès européen, en 2024. Le Blanc-Mesnil est en outre la seule commune d’Île-de-France à s’investir dans la réduction du recours aux antibiotiques. Elle promeut le lavage de mains à l’aide de kits (lampes à UV pour détecter les particules de saleté) dans les crèches comme les centres de loisirs et propose aux habitants la vaccination gratuite. Autant de barrières contre les infections ! Elle a constitué une équipe de travail avec le CRAtb (Centre régional en antibiothérapie) et l’EMA (équipe multidisciplinaire
en antibiothérapie). Enfin, Le Blanc-Mesnil est l’une des cinq « villes pilotes » de l’Hexagone à s’impliquer dans le projet européen Life ChemBee. Son but ? Sensibiliser la population sur les risques induits par l’exposition aux perturbateurs endocriniens contenus notamment dans le plastique. Depuis cet été, les agents communaux responsables de l’entretien testent en crèche des produits de nettoyage à base de probiotiques.
Une seule santé
Les probiotiques sont de « bonnes bactéries », bien plus saines pour les enfants, mais aussi l’environnement et les animaux. Cet exemple illustre le concept « Une seule santé », fil conducteur du Contrat local de santé (2023-2028) de la Ville : le bien-être de l’homme, de l’environnement et de l’animal sont interdépendants. Depuis onze ans, la commune n’a de cesse de promouvoir un environnement favorable à la santé. À l’extérieur, huit espaces verts ont poussé : parc du Curé-Albéric, squares Albert-Trépied, de la Paix, Jacques Parizelle… S’y ajoutent les 800 m2 supplémentaires du nouveau parvis de l’hôtel de ville, inauguré par Thierry Meignen le 27 août dernier. À l’horizon 2026, les habitants découvriront, dans le nord de la ville, les abords des deux bassins de rétention d’eau du Pont Yblon aménagés en une aire de biodiversité de 3,5 hectares, ouverte à la promenade. Sans oublier la végétalisation des cours de récréation de toutes les écoles. Le Blanc-Mesnil se pare également de 76 000 plantes annuelles et bisannuelles et de trois « fleurs » au label « Villes et Villages fleuris ». Un fleurissement ambitieux qui place la ville en très bonne position pour obtenir une 4e fleur. Ces initiatives permettent par ailleurs de maintenir un îlot de chaleur urbain inférieur à celui des villes voisines (voir illustration ci-dessus). La commune prône également un entretien vertueux de son patrimoine vert. Certains terrains, comme au parc Anne-de-Kiev, sont laissés sans tonte jusqu’à la fin septembre, afin de permettre aux insectes de s’y reproduire. Dans son voisinage, les moutons d’Ouessant ont succédé aux tondeuses pour prendre soin des vignes de la ferme Notre-Dame et des merlons du practice de golf. Enfin, grâce à des ateliers gratuits de compostage, petits et grands apprennent à fabriquer un engrais sain et nourricier.
À l’intérieur, les actions mises en place sont aussi nombreuses. « La bonne santé de tous dépend de la qualité de l’air et la propreté de nos habitations », rappelle Jacky Viltart, adjoint au maire chargé de la Santé, du Handicap et du Logement. La traque des marchands de sommeil met au jour des conditions de vie indignes. Les agents de la brigade Hygiène et Salubrité, lors de leurs inspections, prodiguent de précieux conseils : aérer son domicile, le chauffer en continu afin d’éviter la formation d’humidité de condensation… Le plan de réfection de tous les sanitaires des écoles communales participe à cet objectif de bien-être. Connaître les « bons gestes » d’entretien de son intérieur est primordial. L’accumulation d’eau stagnante est un facteur de propagation du moustique tigre, porteur de zoonoses (maladies infectieuses transmissibles à l’homme) : dengue, chikungunya.
« Cela montre à quel point santé humaine et santé animale sont liées », précise Jacky Viltart. La Ville, en partenariat avec l’Agence régionale de santé, est d’ailleurs un territoire d’observation de cet insecte présent dans toute l’Île-de-France. Elle envoie aux riverains des rues infestées des recommandations salutaires. Elle participe aussi à la régulation des rongeurs, à travers la dératisation de ses équipements et informe les habitants sur l’importance de ne pas laisser leurs ordures à l’air libre. De plus, la commune a tissé des partenariats avec des associations, afin de recueillir chats et chiens errants. Une fois débarrassés de leurs tiques et puces, vaccinés et stérilisés, ils sont souvent adoptés. Le 5 juin dernier, elle a ouvert à cet effet la Maison des chats, en plein quartier centre. Honorée, depuis l’année dernière, de deux pattes au label « Ville amie des animaux », la commune s’investit sans relâche en leur faveur : création d’une délégation municipale pour leur bien-être, élaboration d’un Guide de l’animal, création du salon AniMesnil dont la deuxième édition, le 5 octobre 2024, a donné lieu à l’inauguration d’une ferme pédagogique. Cette dernière, située en lisière du parc Anne-de-Kiev, au Centre Technique Municipal, abrite Nestor, l’âne du Cotentin, L’Oréal le bouc, Louboutin le lapin… qui émerveillent les écoliers. Lors de sa troisième édition, le 4 octobre prochain, l’événement accueillera, pour la première fois, un stand sur la médiation animale et les bienfaits de nos petits compagnons sur notre épanouissement physique et mental, ainsi que la présentation du concept « Une seule santé », et l’importance de la vaccination de l’homme et des animaux.
La santé est partout
Depuis la rentrée, les Blanc-Mesnilois de toutes générations profitent de nombreux rendez-vous organisés par la municipalité. À la Convention du sport, le 6 septembre, ils ont pu faire leur choix parmi 35 clubs ouverts, pour certains, à différentes formes de handicap : moteur, auditif, visuel, intellectuel avec troubles associés (voir notre article en page 9). Une semaine plus tard, un autre salon leur dévoilait la richesse du monde associatif, idéal pour rompre l’isolement (lire en page 8). Avec « Octobre rose », voué à la lutte contre le cancer du sein – qui peut être aussi masculin – ils s’instruiront et se divertiront, tout au cours de ce mois, avec une ribambelle d’activités dans les maisons de quartier, centres de loisirs, établissements culturels… La troisième édition de la Semaine Bleue blanc-mesniloise, elle, consacrée au bienêtre de nos aînés, rayonnera du 6 au 10 octobre, à la Maison des arts martiaux, à l’espace Eiffel ou encore à l’hôtel de ville… Au Blanc-Mesnil, la santé est partout !
Tout au long de l’année, grâce à ses nombreux partenariats, la Ville va à la rencontre des Blanc-Mesnilois afin de leur transmettre des informations vitales : don du sang (elle a récolté trois cœurs – distinction suprême – au label Commune donneur), dépistage du diabète avec le Lions Club Le Bourget–Le Blanc-Mesnil, bus santé de dépistage du cancer du col de l’utérus, ateliers dans les marchés sur l’audition et la nutrition… Ce dernier thème tient très à cœur à la Ville : adoption d’une gamme de produits bio au cinéma Louis-Daquin en juin, récolte, par les enfants, de fruits issus de l’agriculture raisonnée, en août à Attainville… Parmi les nouveautés à venir, la municipalité va proposer des « sacs sensoriels » à l’Espace culturel Musique & Danse et au Théâtre, aux personnes atteintes d’un handicap : casques réducteurs de bruit pour celles souffrant d’hyperacousie, fiches FALC (faciles à lire et à comprendre) en cas de handicap intellectuel avec troubles associés… Elle lance aussi le programme « Itard en scène ! », parcours autour du jeu théâtral au côté de l’association Blanc-Mesnil en scène ! Il bénéficiera à 15 élèves de l’Institut médico-éducatif Jean-Marc-Itard, qui accueille des enfants et adolescents présentant un handicap intellectuel avec troubles associés, et dont Jacky Viltart préside le conseil d’administration. La finalité de toutes ces avancées ? Permettre à chaque Blanc-Mesnilois d’être acteur de sa santé.
DOSSIER RÉALISÉ PAR ÉLISE BARRY
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